Vincent Luis est un véritable champion. Au sens large. Il cultive l’art, le palmarès et la manière. En effet, ce triathlète français a marqué notre époque par ses résultats – une médaille olympique et 2 titres de champion du monde – et sa façon de faire : une marque-athlète premium, une attitude toujours élégante et un état d’esprit exemplaire.
Il fait partie des modèles qui m’inspirent énormément. C’est la raison pour laquelle je me sens privilégié de le recevoir pour ce 3ème épisode de Dénivelé Personnel, dans lequel je lui pose 10 questions singulières, qui montent crescendo en intensité. Ses réponses font grandir, et je suis heureux de vous les partager.
Elle semble couler de source puisque l’on mène cette interview depuis l’enseigne que tu as co-fondée, le café ‘La Chance’, dans le 18ème arrondissement de Paris. Peux-tu nous décrire ta relation avec le café ? Pourquoi cet amour ? Est-ce plutôt le lieu, le produit en lui-même ou le moment auquel il est associé que tu apprécies ?Le café a toujours fait partie de ma vie car il est pour moi corrélé au voyage ; or une vie de triathlète, c’est une vie de nomade. J’ai instantanément été fasciné par sa dimension universelle. Le café est important dans de nombreuses cultures, mais chacune se l’approprie à sa manière. Les Italiens le dégustent debout, les Japonais le préparent très ‘clean’, les Néo-zélandais le préfèrent de spécialité, et les Français le partagent au bistrot, accordant presque plus d’importance au moment qu’il induit qu’au breuvage en lui-même... Intrigué, j’ai donc commencé par en boire, du très mauvais d’abord : celui qui sort du thermos et que l’on sert dans un gobelet en plastique au bord des labours de cross... Puis avec ma première prime – celle de Champion du monde Juniors – je me suis acheté une jolie machine. Petit à petit, tu te prends au jeu : tu t’équipes, tu te documentes, tu te formes... Désormais, la passion s’enracine dans le process, dans ce récit – que tu ne soupçonnes pas – mais qui se cache derrière chaque petit grain. Elle va également de pair avec le partage. J’adore lorsque quelqu’un s’arque boute en soutenant qu’il n’aime pas le café. Je le prends comme un challenge et je réponds : « Si, tu aimes le bon café ; simplement, tu ne le sais pas encore ! »
”J’ai commencé par boire du très mauvais café : celui qui sort du thermos et qu’on sert dans un gobelet en plastique au bord des labours de cross...”
Combien de cafés bois-tu par jour ? À quelle heure fais-tu couler le premier, et le dernier ?
J’essaye d’en boire de moins en moins. (Sourire) À 25 ans, je m’envoyais plus de 10 cafés par jour. Aujourd’hui, je me limite à 6, voire 8. Généralement, on entame notre journée d’entraînement par la natation, à 8h. La cafetière commence donc à chauffer dès le lever, à 6h30 du matin. Le dernier coule en fin d’après-midi. J’ai d’ailleurs installé une heure limite pour m’aider à me discipliner : la machine se coupe automatiquement à 17h ! Après, je tiens à souligner un point très important : je ne consommerai jamais de mauvais café. Je préfère ne pas boire de café que de boire un mauvais café !
NIVEAU 2
”Sur longue distance, tu es maître de ton allure, tu lisses ton effort le plus possible ; alors que sur courte distance, tu réponds à des attaques et changements de rythme.”
Tu as récemment ouvert un nouveau chapitre dans ta carrière de triathlète, en passant des formats olympiques aux formats ‘Ironman’. Quelles sont les principaux obstacles que tu as dû surmonter pour devenir un véritable maître de l’endurance ? En quoi travailler pour aller longtemps plutôt que vite a fait de toi un homme différent ?
J’ai dû réapprendre beaucoup de choses dans le cadre de cette transition. Tout d’abord, concernant la nutrition. Sur format olympique, l’épreuve dure moins de 2h. L’alimentation en course joue donc un rôle moindre : je ne me suis jamais demandé quoi manger, et quand ou comment le prendre. En revanche, sur format ‘Ironman’, la nutrition est une clé-majeur de réussite. Ensuite, j’ai dû ajuster mon pacing. Sur longue distance, tu es maître de ton allure, tu lisses ton effort le plus possible ; alors que sur courte distance, tu réponds à des attaques et des changements de rythme. Avant, lorsqu’un adversaire accélérait, je serrais les dents et m’accrochais car je savais qu’il allait lever le pied à un moment ou un autre. Dorénavant, c’est moi qui choisis quand je vais ralentir : tout l’enjeu est de prendre cette décision le plus tard possible. Enfin, je m’épanouis désormais en m’émancipant du cadre fédéral, en retrouvant une forme de liberté et d’indépendance. Je fais mes propres choix de calendrier, d’équipement, de tenues... Je ne suis plus obligé d’aller à Yokohama, au Japon, pour la 6ème ou 7ème année consécutive, en prenant le même vol, pour séjourner dans le même hôtel, en m’astreignant à la même routine. J’aime cette sensation de création et de nouveauté. C’est un second souffle.
L'ensemble de l'échange est également disponible en format podcast.
”Le triathlon est un sport de confrontation directe donc, en séance, pour me motiver, je m’imagine dans le pack, « au fight » avec mes adversaires.”
Tu connais bien la « zone rouge » ... La ‘pain cave’ est ton jardin. Quel est ton dialogue interne lorsque tu la visites ? Qu’est-ce que tu te dis pour repousser les limites encore plus loin lorsque l’effort devient difficilement soutenable ?
Je connais parfaitement cet endroit ! (Sourire) Lorsque tu es triathlète, la ‘pain cave’ est un lieu que tu visites quotidiennement. Chaque jour, ou presque, j’effectue un effort maximal et « tape FC Max » dans l’une des 3 disciplines. Le triathlon est un sport de confrontation directe donc, en séance, pour me motiver, je m’imagine dans le pack, « au fight » avec mes adversaires. Je me dis que si je m’entraîne ne serait-ce que 10 secondes de plus qu’eux dans la zone rouge, je prends de l’avance... Car pour gagner, il ne s’agit pas d’être le plus rapide : il faut juste être rapide un peu plus longtemps que les autres. Quand ça accélère, c’est difficile pour tout le monde, mais si j’arrive à faire croire que c’est un peu moins dur pour moi, alors je plante un clou dans la tête de mes concurrents. La bagarre est mentale. Celui qui remporte la guerre, ce n’est pas celui qui tire le premier : c’est celui qui fait croire à l’autre qu’il a le plus gros fusil.
NIVEAU 4
”Ma maison n’a pas donc d’adresse mais un visage.”
En tant que triathlète, tu mènes une vie de nomade. Donc c’est où, chez toi ? Ta maison, est-ce un lieu ou des personnes ? Pour ma part, je suis très casanier. J’ai du mal à être épanoui loin de mes proches et de mes montagnes. Aurais-tu des conseils à me donner pour mieux appréhender la vadrouille ?Je me considère « chez moi » lorsque je suis avec ma compagne (Georgia Taylor-Brown). Ma maison n’a pas donc d’adresse mais un visage. Malgré tout, depuis 6 ans, je me sens très épanoui à Gérone, en Espagne, où nous avons installé notre camp de base avec Georgia. C’est selon nous le combo parfait : une ville à taille humaine, qui propose une dimension culturelle tout en étant idéalement placée pour courir et rouler. Lorsque je prépare mes valises pour un stage ou une compétition, j’ai pris plusieurs bonnes habitudes afin d’atténuer la nostalgie du départ et me sentir très rapidement à l’aise sur place. Tout d’abord, je m’appuie sur les locaux. Je vais checker sur Instagram s’il n’y a pas un athlète ou un club de triathlon basé dans le coin afin de m’aiguiller vers le meilleur hôtel, les parcours à vélo les plus sympas... Il existe toujours quelqu’un qui peut et veut te conseiller : il suffit juste de le trouver. Ensuite, je me déplace toujours avec des objets qui fonctionnent comme des valeurs-repères. Le plus efficace me concernant, c’est le kit nécessaire pour me faire un bon café et cette tasse, toujours la même, que je trimballe partout... Avoir mes rituels me fait me sentir chez moi. Enfin, j’ai dans mon téléphone une petite liste de ‘coffee shops’ que j’ai envie de visiter. Je planifie mes sorties longues en fonction de ça, pour tous les cocher. Découvrir ces endroits et m’en inspirer, c’est la petite « carotte » qui m’aide à envisager la vadrouille de façon plus positive.
NIVEAU 5
”Comme dirait Alexandre Astier : "je ne veux pas bosser avec quelqu’un avec qui je ne pourrais pas aller dîner".”
Cette interview est facilitée par le fait que nous partagions un partenaire commun : Miles Republic. Pour ma part, en tant que sportif, j’essaye de travailler mon image autour de deux piliers : « peu mais bien », et « la perf’ avant la comm’ ». J’ai d’ailleurs été très inspiré par ce que tu as mis en place tout au long de ta carrière sur cet aspect. Selon toi, pourquoi est-ce important de construire une marque-athlète puissante et exemplaire ? Et quelle ligne conductrice tu t’es fixée pour y arriver ?
La première des choses, c’est valoriser l’exclusivité. Avoir peu de partenaires permet de faire rayonner pleinement ceux avec qui tu collabores. J’ai une anecdote récente qui illustre mon propos. Lors de mon premier Ironman, cet été, l’un de mes concurrents se pointe en conférence de presse vêtu d’un T-shirt sur lequel sont imprimés les logos d’une vingtaine de sponsors. Pour moi, c’est illisible : il passe pour un athlète-sandwich. De mon côté, j’arrive sur scène avec un maillot vintage du PSG, siglé Nike. Forcément, ça fait parler. Tu ne perds pas les gens, tu ne dilues pas le message. Mon deuxième axe fut d’aller parler très tôt avec des acteurs non-endémiques au triathlon, c’est-à-dire des marques qui ne sont pas des équipementiers de sport mais qui sont intéressées par les valeurs que cela insuffle. Personnellement, c’est également intéressant de sortir de notre microcosme en allant à leur rencontre, cela nourrit une forme de curiosité intellectuelle. Il faut aussi savoir que les gros attirent les gros : contractualiser de belles collaborations ruisselle sur ta marque-athlète et te rend plus désirable. Enfin, le troisième et dernier pilier de ma stratégie, c’est la fidélité. Tous mes partenaires actuels me soutiennent depuis longtemps, voire très longtemps. Avec Nike, j’entre dans ma 13ème année de contrat ; Specialized, c’est pareil ; Oakley, ça fait 14 ans ; Miles Republic, c’est tout récent, mais j’espère que cela va perdurer... Cette loyauté offre l’opportunité d’écrire des histoires au-delà du simple business. Alexandre Astier, créateur et acteur principal de la série télévisée Kaamelott affirmait ceci : « Je ne veux pas bosser avec quelqu’un avec qui je ne pourrais pas aller dîner. » Il en va de même pour moi. J’ai des relations de travail privilégiées, qui vont au-delà du professionnel, avec toutes celles et ceux qui m’accordent leur confiance.
Est-ce qu'il y a une mauvaise habitude d'entraînement qui t'a empêché de progresser et que tu changerais si tu devais faire machine arrière ?
C’est une question difficile au sens où je suis reconnaissant des erreurs que j’ai commises. Elles m’ont fait grandir, évoluer, progresser. (Un temps de réflexion) Néanmoins, j’ai un problème qui me suit depuis le début de ma carrière : j’aime trop m’entraîner. À un point tel qu’il est difficile d’imaginer. Plus jeune, par exemple, à l’issue d’un vol en retard ayant atterri à 23h plutôt qu’à 14h, je suis quand même allé réaliser le footing prévu, après avoir déposé mes valises à l’hôtel, alors qu’il était plus de minuit... Quand j’enfile les baskets, je sais que c’est une connerie ; mais au moins, après, j’accède à la satisfaction de l’avoir fait. J’ai énormément de mal à ne pas effectuer ce qu’il y a marqué sur le plan d’entraînement. Si je ne coche pas la séance programmée, je le vis comme un échec. Avec l’expérience, j’acquiers plus de détachement. Je tâche de prendre du recul. Je considère plus facilement la préparation comme un ouvrage de plusieurs semaines, et j’ajuste plus aisément en fonction de mes sensations. Je suis moins dans l’entêtement au jour le jour. (Silence) Une autre mauvaise habitude qui m’a suivi pendant trop longtemps – sur l’humain plus que sur l’athlète cette fois-ci – c’est de me soucier du regard des autres. C’est le message que je souhaite transmettre à la nouvelle génération : ce qui compte, ce n’est pas l’avis des gens ; ce qui compte, c’est le regard que vous et vos proches portez sur vous-mêmes.
”J’ai un problème qui me suit depuis le début de ma carrière : j’aime trop m’entraîner.”
Tu as connu plusieurs époques dans le triathlon. Peux-tu me citer un élément qui te fait affirmer que le triathlon c’était mieux avant, et un autre qui, à l’opposé, te fait dire que le triathlon c’est mieux maintenant ?
”Avant, tu étais jugé uniquement sur ta performance sportive, maintenant, il faut l’accompagner d’une performance en communication.”
Ma réponse va te sembler très paradoxale : ce qui était mieux avant, c’était l’absence de réseaux sociaux ; et ce qui est mieux maintenant, c’est justement leur présence, qui accélère le développement marketing de notre discipline. Avant, tu étais jugé uniquement sur ta performance sportive, maintenant, il faut l’accompagner d’une performance en communication. L’avènement du ‘social media’ a d’ailleurs légèrement brouillé la frontière entre la performance pure et la visibilité, entre les athlètes et les influenceurs... Avant, il y avait aussi ce côté plus intimiste, plus secret. Entre les compétitions, tu te préparais dans ton coin. Ça rajoutait du piment, de la tension : tu ne savais pas comment tes adversaires avaient travaillé entre deux manches de Coupe du Monde. Maintenant – grâce à Strava, Youtube et Instagram – tu sais exactement qui fait quoi, où, quand et comment... En revanche, aujourd’hui, grâce à cet essor permis par les réseaux sociaux, on est une petite quinzaine de triathlètes français à vivre convenablement de notre métier. Quand j’ai débuté, il n’y en avait qu’un. Les autres survivaient.
Selon toi, lorsque l'on est athlète de haut niveau, est-ce plus simple d'être en couple avec un ou une autre athlète de haut niveau ou avec quelqu'un d'un tout autre univers ? Quels sont les avantages et inconvénients de chacune de ces situations ?
C’est dur d’exprimer une pensée objective, car je n’ai pratiquement été qu’en couple avec des athlètes de haut-niveau. En triathlon, l’inverse me semble très complexe tant notre pratique est chronophage. On s’entraîne en moyenne 30h par semaine – ce qui est considérable – mais le véritable challenge n’est pas là : à ces 30h, il faut ajouter la communication, les sollicitations des partenaires, la logistique, l’entraînement invisible, les stages, les déplacements... Tu montes rapidement à 60h hebdomadaires. Toute l’année, et 7 jours sur 7. On ne connaît pas le concept de week-end ou de vacances scolaires. Je ne me plains pas : cette routine quotidienne m’épanouit. Cependant, il apparait clairement que ce rythme se veut très particulier, voire difficilement compatible avec quelqu’un au mode de vie plus conventionnel. Je ne dis pas que c’est impossible mais de mon point de vue, trouver un binôme avec qui tu partages cette quête facilite la démarche : il y a tellement de choses que tu n’as pas besoin d’expliquer, tu gagnes du temps et de l’énergie, tu t’entraides... (Un temps de réflexion, à nouveau) J’apprécie également l’état d’esprit des filles passionnées, qui font du haut-niveau. Elles sont indépendantes, elles n’ont pas besoin de toi pour se concrétiser. Que tu sois là ou pas, elles avancent, avec méthode et détermination. Je trouve cela très inspirant. Après, ce type de couple présente aussi des inconvénients... Si tu ne mets pas de limites, tu t’enfonces dans une grotte, à ne parler que de triathlon. L’autre obstacle survient les jours de compétition, quand les deux connaissent des fortunes diverses : quand l’un réussit et l’autre échoue. Lorsque Georgia s’est qualifiée pour les Jeux Olympiques de Paris, en 2024, et pas moi, ça a été très dur. Il a fallu me raisonner. Je me suis octroyé 24h pour être énervé. Passé ce délai, je me suis promis d’être au soutien, car elle avait besoin de moi. Ça t’apprend à être heureux pour les autres : c’est une belle preuve d’amour.
NIVEAU 9
”La blessure survient souvent lorsque tu veux emprunter un raccourci, lorsque tu précipites les choses... ”
Tu as connu plusieurs blessures durant ta carrière – parfois, souvent – corrélées au surentraînement. Est-ce que tu as pu identifier des signes annonciateurs ou un contexte récurrent à chacune de ces blessures ? En as-tu tiré des apprentissages pour justement éviter ce surentraînement ?
Le corps s’adapte à tout, mais pour ça, il faut lui laisser du temps. La blessure survient souvent lorsque tu veux emprunter un raccourci, lorsque tu précipites les choses... Quand tu effectues des changements radicaux dans la planification, quand tu manques de progressivité dans l’augmentation de la charge, quand tu reprends trop vite et trop fort après une première blessure... À ce moment-là, tu enclenches une spirale négative de laquelle il est difficile de s’extirper. Mon second apprentissage est lié à l’importance de la charge mentale : il ne faut pas sous-estimer l’impact des éléments de ta vie personnelle sur ton état de forme. Lorsque tu as des soucis, des préoccupations, des frustrations, lorsque tu tentes d’enfouir des choses sous le tapis, ton corps devient particulièrement fragile et vulnérable. Je connais beaucoup d’athlètes qui ont contracté une fracture de fatigue quelques semaines après une rupture amoureuse... Cela signifie que tu ne te blesses pas lorsque tu t’entraînes le plus, mais lorsque la charge d’entraînement est trop importante par rapport à ce que ton état émotionnel te permet d’assimiler. Avoir une relation de confiance et de proximité avec son coach peut clairement aider sur ce sujet. Car si tu te confies, il peut alors ajuster en fonction.
NIVEAU 10
Tu es double Champion du monde. Cela signifie que tu as réussi à lever les bras une première fois, mais surtout une deuxième, malgré la pancarte de favori que l’on t’avait accrochée dans le dos. Quel est ton conseil pour confirmer après s’être révélé ?
Rester au top après avoir percé, c’est clairement plus difficile, car tu deviens une cible. Tu es épié, copié... D’une certaine manière, tes concurrents ne courent plus pour gagner, mais pour te battre. Il s’agit alors de trouver les clés pour appréhender ce nouveau rapport de force. Le regard que te portent les autres change. Après t’être révélé, tu bénéficies d’une aura et il te faut savoir en jouer pour entrer dans la tête de tes adversaires avant même le coup d’envoi de la compétition. Pour ma part, j’exagérais un peu la nonchalance, je feignais le détachement, quitte à ne pas m’échauffer. Mais je n’en pensais pas moins. J’engageais juste la bataille mentale plus tôt. Ensuite, le deuxième élément, c’est la confiance. Travailler dur et t’investir à 200%, c’est la base. La confiance, elle, permet de sublimer tout ça.
Les anglophones disent : ‘Money lost, nothing lost. Confidence lost, everything lost.’ Je les rejoins. La confiance est « tout ».
Quand tu es en confiance, tu tergiverses moins. Tu prends les bonnes décisions dans les moments importants. Tu es habité par une conviction : j’ai les capacités. Si tu as gagné une fois, c’est limpide : tu peux le refaire. Cet état d’esprit doit t’aider pour passer de la révélation à la confirmation.